dimanche 25 juin 2023

Retour du refoulé fasciste


(...) je rejoins le grand philosophe qu’était Umberto Eco, pour qui le fascisme n’est pas une philosophie, un berceau où naissent des idées, où se crée de la pensée. En ce sens, ce n’est même pas une idéologie. Le fascisme, disait-il, est avant tout une rhétorique, une manière de dire les choses. Le fascisme, c’est quand l’adversaire politique devient un ennemi. Quand le vainqueur impose au vaincu le silence et l’humiliation, quand l’autorité tient lieu de réponse à tout, quand disparaît le respect des minorités – qui est le point culminant d’une démocratie. Un signe avant-coureur inquiétant apparaît quand les partis commencent à s’organiser autour d’une personne et non plus d’idées. Un parti, c’était un groupe de gens argumentant pour présenter un discours commun, et dont les figures pouvaient changer. Désormais, c’est un groupe de gens qui suivent le discours d’un seul, quel que soit ce discours: Matteo Salvini, Marine Le Pen, Viktor Orbán… En ce sens, oui, le fascisme, ou la dérive autoritaire, revient. Et pas seulement en Italie. Francesco Filippi, Historien et Philosophe dans Télérama 17/10/2020

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